Partager l'article ! Dumas n'est pas mort !: Certes, Perez-Reverte a plutôt mauvaise réputation, et c'est par ailleurs amplement mérité. Mais je ne peux pas m'empêc ...

Certes, Perez-Reverte a plutôt mauvaise réputation, et c'est par ailleurs amplement mérité. Mais je ne peux pas m'empêcher d'avoir un coup de cur pour ces chroniques du Capitaine Alatriste.
Un coup de cur est rarement raisonnable et celui-ci n'échappe pas à la règle. Pour apprécier cette série à sa juste valeur, il faut aimer Dumas. Pas l'aimer parce qu'on a trouvé sympa le Comte de Monte-Cristo sur TF1 avec Depardieu, mais l'aimer comme Perez-Reverte lui-même le décrit si bien dans son Club Dumas (très bon livre, celui-ci). Et ça implique de reconnaître un « esprit Dumas », une patte qui va au-delà du style. Si vous n'avez pas un petit pincement au cur quand vous entendez prononcer le nom de Milady, ou si celui de Richelieu ne vous fait pas dresser l'oreille, passez votre chemin. Vous n'en retireriez qu'une impression désagréable de roman de cape et d'épée à six sous.
Plus fidèle historiquement que Dumas, plus sombre aussi (résolument plus Athos que Porthos), Arturo ne l'imite ni le continue réellement, c'est plutôt un hommage. Réussi au demeurant, et même si ce n'est pas l'écrivain du siècle et que ses lourdeurs stylistiques sont parfois indigestes et pénibles, il réussit - pour l'instant - le pari de ne pas s'essouffler.