Partager l'article ! Aviator, ou le vol d'Icare: Mercredi est sorti sur les écrans la dernière uvre de Scorcese. Des jeunes turcs des années 70 (Spielberg, Scorsese, ...
Mercredi est sorti sur les écrans la dernière uvre de Scorcese. Des jeunes turcs des années 70 (Spielberg, Scorsese, Coppola, Lucas), c'est probablement celui qui a su le mieux garder son énergie, là où les autres ont plus ou moins sombré. Et ce dernier film le confirme encore une fois.
Nous suivons cette fois une trentaine d'années de la vie de Howard Hughes, le milliardaire obsessionnel. On y retrouve des thèmes classiques du très croyant Scorcese. Mais ce n'est pas l'amour qu'il retient dans la foi, mais le sacrifice. Ses personnages semble tous & pour toujours rejouer la passion du Christ, expier des péchés qu'ils n'ont pas commis. Cette passion n'est pas non plus porteuse d'espoir, ce n'est pas l'évangile (étymologiquement la bonne nouvelle) que nous apporte Scorcèse, car le reste du monde ignore ce sacrifice ou au mieux l'ignore. Dans le pire des cas, comme dans Gangs of New York, le tumulte de la guerre de Sécession finira par avaler totalement le sacrifice du héros qui passe alors complètement inaperçu.
Cette fois-ci, il sera public. Hughes arrivera effectivement à triompher de ses ennemis, mais personne ne connaîtra le coût terrible de cette victoire, la folie dans laquelle il s'enfonce de plus en plus chaque jour, qui devra au contraire rester inconnue.
Et ce pessimiste terrible de Scorsese renouvelle heureusement la trame classique de l'immense majorité des films américains, qui n'est rien d'autre que la quête du Graal. Dans cette trame, le héros part à la recherche d'un rêve qui peut prendre mille formes, il peut s'agir de l'amour, de la réparation d'une injustice, ou d'un rêve de bâtisseur.
De nombreuses épreuves l'attendent & il devra affronter aussi bien la méchanceté des hommes que l'adversité des éléments. Mais il sortira triplement victorieux de cette aventure, car l'aventurier américain atteindra son objectif, sa gloire sera publique, et toutes ces épreuves l'auront rendu meilleur.
Chez Scorsese, ce n'est pas le cas. Au moins une de ces victoires manque. Dans Aviator, c'est la troisième. Et il nous donne là une vision bien amère du rêve américain, pour qui le thème du pionner reste une valeur fondamentale. Scorcese questionne ici les fondements mêmes de ce thème, il se pose ainsi qu'a nous tous la question de son utilité même.
Un détail pour chipoter, Hughes finira bien par vendre TWA.
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