Une fois de plus, un monde magique se révèle à nos yeux. En effet, la dernière uvre d'Hayao Miyazaki vient de sortir. Et comme chaque fois, il nous emmène dans un ailleurs féerique.
Cette fois si, nous suivons les aventures de Sophie, une jeune fille victime d'un sortilège que lui lance une sorcière par jalousie. Après de multiples aventures, elle trouvera l'amour sincère & la malédiction sera levée.
Ben oui, je sais, présenté comme ça, c'est stupide. En fait, le Château ambulant est tiré d'un roman pour enfant de Diana Wynne Jones. Et la trame de base est totalement consternante, digne d'un Paulo Coelho, étouffée par une morale de midinette qui veut que l'amour sincère sauve de tout.
Heureusement, Miyazaki a réussi à libérer son film de ce carcan. Une fois de plus, il emmène ses personnages & nous avec à la découverte d'un monde merveilleux. Dans ce film comme dans de nombreux autres, les personnages sont projetés hors de leur quotidien pour être projetés dans un ailleurs qui leur est inconnu, un monde merveilleux, où les étoiles filantes se transforment en lutin, les épouvantails sautillent sur leur unique jambe & les portes n'aboutissent jamais au même endroit. C'est un monde où les adultes ne sont pas vraiment les maîtres, car ils sont trop occupés pour s'y intéresser. Et Miyazaki ne leur prête d'ailleurs pas une grande attention non plus. Il est beaucoup plus attentif à nous décrire toute une galerie de créatures plus merveilleuses les unes que les autres ou les vrais héros de ces histoires, les enfants ou les anciens. Et il nous propose cette fois si les deux en un seul personnage car Sophie, le personnage principal, est une jeune fille transformée en vieillard.

Sans atteindre la maturité de Princesse Mononoké, qui reste le chef-d'uvre de Miyazaki par sa maturité, Le Château Ambulant corrige avec bonheur une erreur majeure du Voyage de Chihiro, qui était l'application des recettes scénaristique de l'intrigue. Un découpage simpliste & clair, donc standardisé, de l'intrigue avait été préféré au détriment de la vie du film. Heureusement, cette dangereuse direction a été abandonnée et nous retrouvons donc pour notre plus grand plaisir un Miyazaki authentique & sincère, en plus d'être poète.
Oui, "Le Château mouvant de Hurle" (je préfère employer ce titre plus audacieux, d'ailleurs traduction littérale de l'original) est superbe ; je le préfère aussi à Chihiro mes favoris restant Mononoké et Totoro.
Pour ma part, je pense que le voyage de Chihiro est la réussite aboutie de Miazaki.
Ce serait une erreur que de croire qu'il ne fait qu'aborder des thèmes enfantins.
Au contraire, il module le script sur les archétypes qui ont construit les mythes, dont il s'inspire largement : le voyage dans la mort, la solitude, le pouvoir... N'est-ce pas là des problèmatiques universelles ?
Son art est de mettre en scène des bakemono (fantômes).
Ces formidables acteurs sans visage incarnent -- pour mieux nous impressioner -- nos envies et peurs les plus profondes, qui hantent notre Ca.
Le Voyage de Chihiro distille un enchantement et un sentiment d'une plénitude de la sensation avec l'assurance tranquille des grandes oeuvres impérissables.
De son côté, "Princesse Mononoké" stigmatise bien trop la fable purement écologique. Sans doute, est-il encore trop obsédé par les scènes de guerre qui ont bercé son enfance, dans sa résidence à quelques km de Tokyo.
L'animation n'est en réalité que la réécriture du conte traditionnel "La Belle et La bête", mis en scène à la sauce Kikkoman, pour le plaisir des amateurs de manga gore.
"Princesse Mononoké", c'est Jayce des monstroplantes qui faute avec Kurosawa et Mizoguchi...
je tiens tout de même à préciser, aux personnes qui ont voulu donner le titre original du film, que ce dernier est: le chateau mouvant de Hauru. et oui, c le nom original du Sorcier car le "u" se détache du "a" et donc en phonétique ça donne "haourou".
Bon film
SLT
Ce film traite aussi un thème qui me semble cher a Miyazaki de la destruction de la nature (voir princesse mononoke) ; il traite également du danger de la tentation du pouvoir.
J'ai pourtant adoré Totoro et Mononoké, pleins de poésie et de rêve , permettant de s'évader dans un autre monde où les lois métaphysiques sont radicalement différentes des nôtres. Mais dans Le Château Ambulant, je ne vois aucune loi, c'est un univers tout bonnement chaotique. Du début à la fin ce n'est qu'une succession d'évènements improbables, sans dessus-dessous, sans queue ni tête. La trame, si peu qu'il y en ai une, est tellement puérile et insipide qu'il a fallu l'étoffer avec toutes sortes de détails loufoques. Ce film est une suite d'idées saugrenues balancées en vrac les unes à la suite des autres. Il m'est impossible de vraiment rentrer dans l'histoire.
Pourtant j'aime les films où on se sent un peu perdu, parce que c'est trop nouveau et différent de ce que l'on connait. Mais là, j'étais carrément dépitée. Pour moi, l'axe principal n'est pas assez travaillé, et il y a trop de détails annexes, ce qui fait que tout est superficiel.