Index

undefined
Petite Bibliothèque
de Curiosités


Index

Recherche

Par Jonathan

« Critique du navet à colonnes doriques en polystyrène

Colin Farrel, déjà. Il est blond. Même ses sourcils sont (mal) teints en blond. On dirait une grosse Barbie. En fait, avec ses costumes (qui sont atroces, au passage), on dirait Didier Bourdon avec une perruque dans un sketch des inconnus. Angelina Jolie, qui joue sa mère, n'est pas macédonienne, elle doit donc avoir un accent étranger.

Comme tous les Grecs parlent anglais (le film en prend d'ailleurs un sacré coup), Angelina a décidé d'adopter un accent russe (??) qui faisait se tordre de rire la salle. Quand à Jared Leto, il joue Hephaistion, le copain homo d'Alex. c'était une bonne idée de suggérer ou de souligner l'homosexualité d'Alexandre, mais là, comme c'est un film américain, ça se résume à Jared et Colin qui s'envoient des regards de braise pendant tout le film, en plus Jared est maquillé comme une voiture volée c'est une horreur. La mort d'Hephaistion, qui est censé être le point culminant du film au niveau tristesse (plus triste que quand son cheval meurt, même) foire totalement dans la mesure où Leto agonise pendant une heure en faisant "argh argh argh". Au début, sourires dans la salle, puis franche rigolade quand il s'accroche aux rideaux dans son agonie.

Passons sur l'histoire qui est une véritable blague qu'on vous laisse découvrir vous-même pendant les 3 très longues heures du film. 3h de clichés hallucinants et de grecs en jupette avec des bouclettes évoluant dans des décors dont un réalisateur indien qui fait 354 films par an n'aurait pas voulu tant ils sont kitch (statues en carton, esclaves noirs qui trimballent du raisin dans des coupes en plastique doré pendant tout le film). Même les scènes de combat (rappelons que Stone a tout de même fait Platoon) sont affligeantes: tous les combats sont noyés sous une poussière cheap et sont une suite de situations dignes d'une saga du dimanche sur M6 avec Omar Shariff: les Grecs sont courageux, mais les Arabes sont fiers (ils ne parlent pas et ils regardent fixement les ennemis avec une musique de fond genre "abibi yalil" et les Indiens sont fourbes (ils attaquent avec des éléphants, heureusement Alexandre en tue douze à lui seul).

Toutes les autres scènes (Alexandre dompte un cheval sauvage en deux minutes, Alexandre galope, Alexandre et Hephaistion se font des jeux de regards) sont inénarrables. Bref, un excellent réalisateur qui se fourvoie on ne sait trop comment (on dirait que personne n'a vu le film avant le montage final) et qui entraîne dans sa chute d'excellents acteurs. Même le public américain, qui n'est pas difficile, a offert à la fin du film une bronca digne de Vincent Gallo au festival de Cannes. Un film qu'on vous conseillerait d'aller voir au second degré s'il ne durait pas 177 minutes. »

(Commentaire de "camenerve" sur le forum Allocine)

 

Pour ma part, j'ajouterai que les allusions à une certaine idée de l'ordre du monde version US, ne sont pas chiquées. Elles sont suffisamment présentes pour que ça me gêne (et je ne lis pas Télérama...) :

  • Alexandre n'a certainement pas été guidé par un aigle (symbole US par excellence), mais par les corbeaux ! Ces oiseaux étaient les véritables signes scrutés par les oracles grecs.
    Après avoir fondé en 331 la cité éponyme, Alexandre s'enfonce dans le désert pour aller consulter les grands prêtres du temple d'Amon dans l'oasis de Siwah. Il est guidé par deux corbeaux providentiels, qui lui montrent le chemin jusqu'au temple où Alexandre apprend qu'il est le 'fils de dieu'.
  • Alexandre n'a probablement jamais pensé qu'il apportait l'écriture, la civilisation et la culture aux pays qu'il envahissait, contrairement à ce que le film affirme. Bien que Grec d'origine, Alexandre est fasciné par la culture Perse, que lui a enseigné Aristote, une des plus brillantes et impressionnante du monde connu. Lui-même n'a pas hésité à adopter les richesses, les traditions et les coutumes de la Perse. D'ailleurs, le conquérant marie ses généraux avec toute l'aristocratie du pays conquis.
  • Alexandre s'habille avec la tunique pourpre rayée de blanc à la mode perse et impose à sa cour l'usage oriental de la prosternation devant le roi qui se trouve ainsi divinisé de son vivant. C'en est trop! Les Grecs et les Macédoniens sont de plus en plus choqués par ce comportement étranger à leur culture.
  • Bien qu'inférieures en nombre, les armées d'Alexandre poursuivent Darius III, roi de Perse, qu'il affronte et impose sa victoire à trois reprises, lors de batailles énormes. A la fin, Darius est trahit par ses généraux qui l'assassinent. On passera sur la possible connexion politique du film entre la Perse et l'Irak aujourd'hui, et la poursuite sur-médiatisée de Saddam, à l'image de celle de Darius. Mais à l'écran, la prise de Babylone occupe tellement de temps que ses autres conquêtes (Tyr, Gaza …) sont malheureusement tombées à la trappe.
    C'est surtout dommage que le film passe sous silence l'épisode suivant. Alexandre, dégoûté par cette traîtrise décide de le venger et fait exécuter les généraux traitres.
  • Je me demande si O. Stone ne fait pas de l'humour par moments, notamment quand Alexandre harangue ses foules à base de "for freedom".
  • Alexandre est historiquement un conquérant brutal et cruel, et non pas la pauvre personnalité timorée politiquement correcte du film (pour mémoire : Alexandre n'a pas hésité à être brutal et cruel - comme dans la ville rebelle de Thèbes où il fait égorger une partie de la population et réduit l'autre à l'esclavage avant de faire raser la cité)  ;
  • Enfin, la mort d'Alexandre, réécrite par Ptolémée-Anthony Hopkins est l'occasion d'une tirade les plus idéologiques du film. Ca m'énerve d'entendre que Ptolémée soutienne d'Alexandre qu'il était un homme vraiment libre. Au contraire, la vie du conquérant présente tous les symptômes d'un homme aliéné (aliéné au pouvoir, à la guerre, aux alliances, aux possibles trahisons…).
    Selon les dernières recherches en la matière, on sait qu'Alexandre est mort d'encéphalite aggravée par des paralysies flasques, provoquée par le virus West Nile (ou virus du Nil occidental).

En conclusion, une jolie phrase d'Oliver Stone dans une interview du Nouvel Obs, sur la grandeur d'Alexandre comparée au nabot Bush :

"Alexandre n'aurait jamais laissé Ben Laden s'échapper. il en aurait fait du petit bois."

 

Jeudi 13 janvier 2005 4 13 /01 /Jan /2005 00:00
- Publié dans : Pelliculae - Ecrire un commentaire
Voir les 30 commentaires
Retour à l'accueil

{épigraphe}





 

Au Hasard...

Liste complète
Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus