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Petite Bibliothèque
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Par Alexandre

Ville à la position géographique indéterminée, célèbre pour sa bibliothèque. A ne pas confondre avec la Babel biblique (Genèse, XI, 1-9).

l'Univers, que l'on appelle aussi la Bibliothèque, renferme un nombre indéfini, et peut-être infini, de galeries hexagonales et d'étages inférieurs et supérieurs ; la disposition des galeries est invariable, mais ne dépasse pas celle d'une bibliothèque ordinaire. L'antichambre offre, à droite, un petit placard pour y dormir debout et, à gauche, un cabinet de toilette ; un escalier en spirale et un miroir complètent la décoration de la pièce. La présence de ce miroir a pu faire croire que la bibliothèque n'était pas infinie ; sinon, comment justifier cette duplication illusoire ?...

Chaque rayon de la bibliothèque compte trente-cinq livres de quatre cent dix pages d'un format identique. Une page contient quarante lignes et chaque ligne quatre-vingts lettres noires. Comme l'alphabet ne comprend que vingt-cinq signes, et que la bibliothèque est infinie, tout ce qui peut être écrit dans n'importe quelle langue est conservé ici : l'histoire minutieuse et détaillée du futur, les autobiographies des archanges, l'inventaire complet de la bibliothèque, des milliers de faux catalogues, le récit authentique de la mort de chaque homme, la traduction de tous les livres dans toutes les langues. C'est ainsi que, de génération en génération, les bibliothécaires parcourent les galeries à la recherche du « Livre ».

 

 

The Library of Babel

(inspiré de : Jorge Luis Borges, La biblioteca de Babel, in El jardin de senderos que se bifurcan, Buenos Aires, 1941.)

Mercredi 12 janvier 2005 3 12 /01 /Jan /2005 00:00
- Publié dans : Terra Incognita - Ecrire un commentaire
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Commentaires

Cet article sur l’excellente nouvelle de J. L. BORGES me rappelle un album jeunesse lu, il y a déjà quelques années (LE LIVRE DISPARU, Colin Thompson, Editions Circonflexe, 1996, ISBN : 2878331680)

Résumé de cet album : Dans une bibliothèque immense et contenant tous les livres du monde, les rayonnages s'animent dès que les gardiens ont refermé la porte sur le dernier lecteur. Tout un petit peuple donne vie aux livres, des arbres poussent, un monde s'éveille. Le jeune Peter Robinson décide de partir à la recherche d'un (plus exactement DU) livre, disparu depuis deux cents ans et dont il est le seul à connaître l'existence : "Comment ne jamais vieillir."   Après deux années de quête erratique dans le labyrinthe de la bibliothèque. Peter parvient à un groupe de personnages (des sages chinois) qui vont le conduire dans le monde du Vieil Enfant, détenteur de l'ouvrage. Le Vieil Enfant lui expose les avantages et surtout les inconvénients de la lecture de ce manuel d'immortalité (pour débutants !) et, après une réflexion solitaire. Peter décide de ne pas le lire. "Tu es plus raisonnable que je ne l'ai été." conclut le Vieil Enfant en le reconduisant vers le monde.

 

Le titre de cet album annonce clairement que le livre (et non un livre) est l'objet central de l'histoire. Dans "Le livre disparu", le livre est un objet absent, et la fonction du titre est donc également d'esquisser la thématique de la quête. Objet central, objet absent, quête.

 

« Comme tous les hommes de la Bibliothèque, j'ai voyagé dans ma jeunesse; j'ai effectué des pèlerinages à la recherche d'un livre et peut-être du catalogue des catalogues. » (in Fictions, Jorge Luis Borges, Gallimard, Folio, 1997, ISBN : 2070366146, page 72), une des similitudes avec « Le Livre Disparu. ».

 

Deux ouvrages qui se "répondent" l'un et l'autre...

Commentaire n°1 posté par Jean Yves ALT le 13/01/2005 à 08h29
Dans le même esprit j'aime beaucoup la phrase d'Umberto Eco (l'Evenement du Jeudi, 1998) :

"Si Dieu existait, il serait une bibliothèque"

Commentaire n°2 posté par Alexandre le 13/01/2005 à 18h04

{épigraphe}





 

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