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Par Béatrice

Dans le cadre dans la nuit des musées (accès gratuit des musées de 19h à 1h le samedi 14 mai) nous nous risquâmes dans le Palais de Tokyo pompeusement baptisé « site de création contemporaine ». Déjà mauvaise surprise, il s'agit d'un des rares musées à ne pas être gratuit justement…

Nullement découragés, nous entamâmes notre excursion par une peinture gigantesque nommée "Construction à cru" de Katharina Grosse. A base de peinture appliquée au pistolet vaporisateur (au petit bonheur la chance ?), sur le mur et le sol mais aussi sur un tas de terre ( ??) négligemment jeté sur le sol de la pièce, nous pûmes ainsi nous ballader au sein même de la peinture. L'idée semble à priori pas mal… Il est difficile en effet de se balader au sein des Nymphéas de Monet ou naviguer au sein des peintures de Michel Ange. Hélas, idée largement gâchée si vous lisez le « résumé » de 50 lignes, pas moins, tentant de raconter l' « œuvre » dont voici un petit extrait :

Une peinture mutante : entre le tag et l'abstraction américaine, entre l'impressionnisme et le graffiti, le walldrawing et la peinture sur chevalet, l'allemande Katharina Grosse réunit des cultures et des pratiques éloignées dans le temps et l'espace.

Etc etc Pompeux pour une peinture parfois techniquement moins réussie que celle appliquée à la bombe dans les couloirs du métro ou sur le moindre mur de notre cité , non ?

Nullement découragé nous enchaînâmes sur Jurassic Pork II. La nouvelle installation d'Alain Séchas, intitulée "Jurassic Pork II", nous plonge au cœur de l'univers mythologique de l'artiste et propose de découvrir un ensemble de dessins et de sculptures inédit au travers d'une expérience à la fois ludique et mystérieuse.

Dis comme ça , ça avait l'air alléchant. En réalité, plongé dans l'obscurité, et au milieu de fumigènes, armés jusque aux dents d'une lampe torche, nous découvrîmes une très mauvaise BD relatant les aventures de Siegfried, parsemées des élans porno de la Comtesse Pornault , de hordes de cochons passant leur vie à déféquer, le tout agrémenté de dialogues consternant et lamentable. On pourra admirer au passage les deux sculptures monumentales des héros et celle d'un cochon rose ailé pendu par un fil….

En sortant, nous tendîmes légèrement ahuris la lampe torche à la gentille ouvreuse et courageusement, nous nous dirigeâmes vers la troisième et dernière exposition… All cut up de Candice Breitz… Cette fois nous assistâmes impuissant à des diffusions en boucle de morceaux de la célèbre série Dallas dans une petite pièce aménagée telle un salon ordinaire… Le petit problème est que vous avez une dizaine de télévision qui diffusent simultanément, mais chacune diffuse en boucle une scène différente de la série, créant une cacophonie hypnotique. Le but avoué est de créer l'inattendu avec des images familières… certes… et de susciter une envie irrépressible d'aspirine…

A vos risques et périls (on vous aura prévenu) le palais de Tokyo

Mardi 14 juin 2005 2 14 /06 /2005 00:00
- Publié dans : Picturae - Ecrire un commentaire
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