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Par Alexandre

Suite de l'article sur le livre, je dois parler du film de Martin Scorsese.

Un chef d'œuvre ? Certainement. Je ne parlerais pas de la mise en scène, je ne suis pas un cinéphile assez averti, mais de la valeur du film par rapport à l'œuvre de Kazantzaki et de ce qu'elle y apporte.

De sa fidélité aussi. L'écrivain s'était appliqué à transcrire un contexte historique fidèle, mais surtout qui se voulait ultra-réaliste, décrivant un pays aux tensions omniprésentes, lourdes, une terre déchirée de l'intérieur, comme en attente de quelque chose. On y sent presque l'appel, le besoin d'un nouveau message. Pas de décors de péplums à l'italienne ici, les légionnaires romains sont pouilleux, les villages poussiéreux, Jérusalem oppressante …

Fidélité, pari difficile à tenir, sur la mise en scène du conflit qui déchire ce Christ, ô combien humain en proie aux « griffes » du divin qui s'insinuent en lui, qu'il rejette, et rejettera encore avant de finir par accepter ce qu'il est, ou plutôt ce qu'il peut devenir. Le tout avec une subtilité digne du livre, à des années-lumière des gros sabots de Schmitt dans son Evangile Selon Pilate.

Des scènes splendides de poésie, comme celle où Jésus est suivi par des pas invisibles, ou encore celle des tentations dans le désert.

Petit bémol sur Scorsese qui aurait pu aller plus loin et éviter, comme me le faisait si justement remarquer Fabrice (notre cinéphile maison) un Christ blond, et des apôtres on ne peut plus occidentaux. Même si je me sens obligé de saluer la magnifique performance d'Harvey Keitel en Judas ou de David Bowie en Ponce Pilate.

Le film est étrange, le jeu d'acteurs presque dérangeant. On m'a même parfois fait remarquer qu'ils jouaient « bizarrement », voire « mal ». Je pense, quand à moi, que le jeu, décalé, est voulu. Les répliques ne s'enchaînent pas de façon fluide selon les canons hollywoodiens, certes, mais cela contribue à créer un malaise, une tension supplémentaire qui sert le film.

Et la musique…..La musique… si le film est bouleversant c'est au moins pour moitié grâce à sa bande originale. J'en parle de suite dans un autre article !


(Martin Scorcese, La dernière Tentation du Christ)


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Vendredi 24 décembre 2004 5 24 /12 /Déc /2004 00:00
- Publié dans : Pelliculae - Ecrire un commentaire
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