Partager l'article ! Le royaume des Abdalles: Vaste région de la côte nord africaine, voisine du royaume des Amphitéocles. Le voyageur non averti trouvera peut-être c ...
Vaste région de la côte nord africaine, voisine du royaume des Amphitéocles.
Le voyageur non averti trouvera peut-être cruelles les lois et les coutumes des Abdalles. Par exemple, le divertissement très populaire du Lak-Tro Al Dal consiste en ceci : quatre hommes nus s'insultent, puis se battent jusqu'àl'arrivée d'un cinquième qui les fouette, à la grande joie des spectateurs. Les quatre hommes se tournent
alors vers leur tortionnaire et le frappent presque à mort. Ils le ligotent ensuite sur un tabouret auquel quatre cordes sont attachées. En tirant violemment sur les cordes, ils projettent en l'air leur victime qui retombe lourdement sur le tabouret. Le jeu dure une heure. La victime est enfin défenestrée et la foule, après l'avoir encore molestée, l'enterre jusqu'au cou, et urine sur sa tête. Quant aux quatre combattants, ils sont mis au pilori, et on leur arrache les cheveux à pleines poignées.
On peut noter une cruauté similaire dans la pratique du châtiment, le Gil-Gan-Gis, rarement utilisé de nos jours. L'accusé est flagellé au knout jusqu'à l'évanouissement. On le ramène à la vie en lui offrant les plats les plus délicieux, puis il est à nouveau fouetté jusqu'à ce que mort s'ensuive. Le chef des quatre bourreaux, le Goulu-Grand-Gak, a le droit de garder la peau du condamné. Tannée dans l'urine, elle est vendue comme étoffe précieuse aux élégantes.
La célébration du mariage donne la vedette au témoin du fiancé, l'Ab-Soc-Cor. La veille de la cérémonie, il rend visite à la jeune promise. Il s'enferme au crépuscule avec elle, dans une pièce sombre où il lui enseigne ses devoirs sexuels et s'assure de sa virginité.
Les rites funéraires se caractérisent par le grand respect accordé au mort. Lavé, habillé de ses plus beaux atours, le défunt est interrogé sur la raison de sa mort. S'il ne répond pas, on le place debout dans un grand cercueil, le Tou-Kam-Bouk, que l'on garnit d'herbes aromatiques. On lui laisse également une aiguille et du fil pour qu'il recouse ses habits.
Il est très mal élevé de montrer du doigt. Seuls le roi et les divinités peuvent être ainsi désignés. Pour les autres objets, on utilise le coude. Le souverain actuel, le roi Mocatoa, porte le titre officiel de Houcais. Contrairement à la population du royaume, qui est de couleur de peau bleue, Mocatoa est un Blanc.
L'arbre le plus typique de la végétation du royaume est étonnamment grand, et son fruit a la taille d'un melon : il est si léger qu'il rebondit quand il tombe. Son jus transparent est fort en alcool, et sa chair a un goût de galette de riz. On peut également voir d'énormes oiseaux carnivores qui viennent nicher près des côtes, au creux des falaises. Les jeunes, qui ont la taille d'un taureau, peuvent enlever des moutons et des vaches dans leurs serres.
(inspiré de : Charles Fieux, chevalier de Mouhy, Lamékis ou les Voyages extraordinaires d'un Egyptien dans la terre intérieure, avec la découverte de l'isle des Silphides enrichis de notes curieuses et nouvelles, Paris, 1735-1738. in Manguel & Gadalupi)
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