Il y a un siècle, en 1905, chez les éditeurs de la Rive gauche, débarquait la petite bretonne Bécassine (de son "vrai" nom Annaïk Labornez) dessinée par Joseph Porphyre Pinchon et scénarisée par Caumery (pseudonyme de Maurice LANGUEREAU neveu de l'éditeur). Silhouette rondelette, sabots aux pieds, parapluie rouge sous le bras, cette jeune femme au cur généreux et faussement naïve allait devenir la première héroïne de la bande dessinée française, sur les pages de l'hebdomadaire pour petites filles sages La Semaine de Suzette. Le breton étant sa langue maternelle, Bécassine a du mal, à Paris, à maîtriser les nuances de la langue française d'où une accumulation de gaffes, prétextes à des gags plus ou moins désopilants. C'est en effet poussée par la misère qu'elle quitte son village natal pour Quimper, où elle devient employée chez une châtelaine. Elle la suivra à la capitale, devenant nourrice de la jeune Loulotte. Bécassine a été aussi une femme active et moderne, conductrice de tramway, pilote d'aéroplane et même au volant des premières automobiles.
On a reproché aux auteurs, leur conservatisme social, mais on peut aussi voir, à travers ce personnage, la figure de l'employée de maison qui parvient à s'élever socialement au-dessus de sa condition qui choisit sa vie en femme libre.
Elle a traversé le siècle, portant son regard critique, mais optimiste et bienveillant, sur ses événements politiques. Patriote et courageuse pendant la Première Guerre mondiale, résistante à la veille de la Deuxième, elle a été censurée par les nazis en 1940.
Elle a suscité au cours de ce siècle des lectures contrastées. Populaire chez les enfants, elle a cependant suscité des critiques pour dénoncer l'image négative qu'elle donne, par exemple, de sa Bretagne natale. Aujourd'hui encore, nombreux bretons n'hésitent pas à voir, à travers elle, un repoussoir de leur identité.
Pour commémorer l'événement, est paru un album inédit de planches parues dans La Semaine de Suzette, qui racontent les aventures de Bécassine dans Paris occupé(1). S'y ajoute un livre hommage intitulé Bécassine, une légende du siècle(2), écrit par l'historien Bernard Lehembre, des expositions au Musée de la poupée(3) et au Musée de la Poste(4). Enfin la Poste a édité début avril un timbre à son effigie.
Un article de Castalie, datant de novembre 2004 rendait déjà "hommage" à Bécassine.
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