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Par Alexandre

En Grande Garabagne. L'Hiviniziki vit dans la rue. L'Hiviniziki vit à cheval. Il en crèvera trois en une journée. Toujours monté, toujours galopant, voilà l'Hiviniziki.

Toujours pressés, en avant d'eux-mêmes, fébriles, courant de-ci, de-là, affairés, ils perdraient jusqu'à leurs mains. Impossible de leur donner une satisfaction un peu prolongée.

Même dans la magistrature, on n'est jamais arrivé à posséder un cadre d'esprit vraiment pondéré. Ayant à juger un criminel, le président de la cour s'énerve “Je ne sais pas, dit-il. Supposons que ce soit moi, le criminel.” Il demande un couteau, feint le meurtre, s'agite, sort, rentre, s'enfuit, se fait arrêter par les gendarmes, et il n'est pas rare que l'accusé en profite pour prendre ses jambes à son cou, parfois en tenue de président.

Un général, aux grandes manoeuvres, gagne une bataille et met l'ennemi en fuite, puis, ne sachant plus dans quel camp il se trouve, se fait battre par une misérable arrière-garde ennemie qu'il croyait être à lui.

Au théâtre, les acteurs commencent par une comédie, glissent vers le deuxième acte d'un drame, s'engagent dans une autre pièce du répertoire, et terminent sur une brillante improvisation.

(Inspiré de : Henri Michaux, Voyage en Grande Garabagne, Paris, 1936)

Jeudi 21 avril 2005 4 21 /04 /Avr /2005 00:00
- Publié dans : Terra Incognita - Ecrire un commentaire
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Commentaires

Hum...

C'était juste pour te souhaiter une bonne fête, Alexandre ^_^

Amicalement,
Carnelov
Commentaire n°1 posté par Carnelov le 22/04/2005 à 22h59

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