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Par Alexandre

« Outre les huit personnes qui composaient la famille de Noé, l'arche contenait une paire de chaque espèce d'animaux impurs et sept d'animaux purs, avec leur provision d'aliments pour un an. Au premier coup d'oeil, cela peut paraître impossible ; mais quand on en vient au calcul, on trouve que le nombre des animaux n'est pas si grand qu'on se l'était d'abord imaginé. Nous ne connaissons guère que cent ou tout au plus cent trente espèces de quadrupèdes, environ autant d'oiseaux, et quarante espèces de ceux qui vivent dans l'eau. Les naturalistes comptent ordinairement cent soixante et dix espèces d'oiseaux en tout. Wilkins, évêque de Chester, prétend qu'il n'y avait que soixante et douze espèces de quadrupèdes qui fussent nécessaires dans l'arche. [...]

Drexelius pense que l'arche était divisée en trois cents loges ou appartements; le P. Fournier en compte trois cent vingt-trois ; l'auteur des Questions sur la Genèse, quatre cents. Budée, Arias, Montanus, Wilkins, le P. Lami, supposent autant de loges qu'il y avait d'espèces d'animaux. L. Le Pelletier et Butéo en mettent beaucoup moins, parce que, si on les multipliait trop, chacune des huit personnes qui étaient dans l'arche aurait eu quarante ou cinquante loges à pourvoir et à nettoyer par jour ; ce qui eSt impossible.

Peut-être y a-t-il autant de difficulté à diminuer le nombre des loges, à moins qu'on ne diminue le nombre des animaux ; il paraît plus difficile de prendre soin de trois cents animaux dans soixante-douze loges que s'ils occupaient chacun la leur. [...]

Quant à ce qui regarde les aliments contenus dans le second étage, Budée a observé que trente ou quarante livres de foin suffisent ordinairement à un boeuf pour sa nouriiture journalière, et qu'une coudée solide de foin, pressée comme elle est dans les greniers où magasins, pèse environ quarante livres. Or, il paraît que le second étage avait cent cinquante mille coudées cubes. Si on les divise entre deux cents six boeufs, il y aura deux tiers de foin plus qu'ils n'en pourront manger par an.

Selon le calcul de Wilkins, tous les animaux carnassiers sont équivalents, pour leur volume et pour leur nourriture, à vingt-sept loups, et tous les autres à deux cent huit boeufs. Pour la nourriture des premiers, il met mille huit cent vingt-cinq brebis, et pour celle des seconds, neuf cent mille cinq cents coudées de foin : or, les deux premiers étages étaient plus que suffisants pour contenir le tout... Il conclut que la narration de Moïse dont on a voulu faire une objection contre la vérité de l'Écriture sainte, en est plutôt une preuve. »

(Nicolas Sylvestre BERGIER, Dictionnaire de théologie dogmatique, article Arche, 1788)

Mercredi 20 avril 2005 3 20 /04 /Avr /2005 00:00
- Publié dans : Ab Absurdo - Ecrire un commentaire
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