Partager l'article ! Hôra-legein ou l'horloge qui remonte le temps: (de « hôra » qui signifie « heure » et « legein ...
(de « hôra » qui signifie « heure » et « legein » qui signifie « dire »)
Six synagogues, l’hôtel de ville et le vieux cimetière. Voilà tout ce qui reste du Josefov (quartier juif) de Prague. Le reste de l’ancien ghetto juif a disparu avec le programme "d’assainissement urbain" entrepris à la fin du XIXe siècle. Le quartier, durement marqué par la shoah, est un lieu de mémoire. Une mémoire juive qui s’est réfugiée autour de la rue Maislova.
« Les aiguilles de l’horloge du quartier juif vont à rebours
Et tu recules aussi dans la vie lentement... »
Ces aiguilles, célébrées dans le poème aux vers assonancés et qui reflètent l’errance de l’auteur, sont celles de l’hôtel de ville du quartier juif (Maislova 18). Sur le cadran hébreu, elles tournent en effet à l’envers. Longtemps restées immobiles, comme figées à jamais dans un douloureux passé, elles ont depuis repris leur ronde inversée.
A deux pas, le Golem dort dans son lit de combles. Son créateur, en son temps, l’a déposé là, jusqu’au péril prochain. Sur son fauteuil, au fond de la Staronová synagóga, Judah Löw veille toujours sur l’arche d’alliance, discrètement dissimulée derrière un rideau tendu.
Ainsi que l’évoque le poète, les souvenirs vont à rebours, comme l'horloge…
"Tu ressembles au Lazare affolé par le jour
Les aiguilles du quartier juif vont à rebours
Et tu recules aussi dans ta vie lentement
En montant au Hradchin et le soir en écoutant
Dans les tavernes chanter des chansons tchèques"