C’est décidé, la plus grande œuvre de sauvegarde des arts et savoirs de l’humanité doit être lancée. Son nom : La Fondation. Son objectif ? Elaborer une encyclopédie – que dis-je,
l’Encyclopédie galactique – d’un empire voué à sombrer dans la décadence. Sa finalité : fonder le creuset d’un nouvel empire, d’une aube nouvelle.
Ainsi commence la saga de Fondation. On y découvre des figures héroïques, Salvor Hardin, Hober Mallow, Arkady Darrell, Le Mulet…, des destins singuliers ciselant les prémisses d’une œuvre humaine
destinée à survivre au chaos.
Pourtant, derrière l’œuvre première se profile une autre intrigue, celle de l’organisation d’une société, la systémique proprement humaine d’ambitions plus ou moins expansionnistes. Ce n’est dès
lors pas une surprise si la Fondation se lance à l’assaut du destin qui lui est assigné, par le biais d’une nouvelle guilde : les Marchands. La vocation première de la Fondation disparaît
cependant progressivement au profit de l’édification d’une société nouvelle, semble-t-il. Néanmoins, la rumeur d’une seconde Fondation gronde et semble menacer les prémisses de ce nouvel empire
tant espéré. Un combat de titans s’annonce, la distinction entre Goliath et David n’est pourtant pas aussi aisée qu’elle le paraît. Ce qui fera peut-être la différence : le retour aux sources
matricielles, la redécouverte de la Terre.
Si l’œuvre d’Asimov continue à être lue et redécouverte par les générations qui se succèdent, c’est sans doute car c’est un livre-univers qu’il offre à notre curiosité. J’emprunte cette expression
à
Laurent Genefort qui en brosse ainsi
les critères déterminants (extrait) :
Le livre-univers s'inscrit dans la seconde moitié du XXe siècle. Plusieurs indices éditoriaux distinguent un livre-univers d'un space opera classique : par sa taille importante qui le
rapproche du "roman-fleuve", par la réception critique qui le célèbre comme un événement littéraire, par son succès auprès du lectorat amateur. Le livre-univers présente un monde structuré, dense
et original dans ses composants, dont plusieurs lectures n'épuisent pas l'intérêt.
En partant des éléments manifestes du récit (les personnages-types, le décor, le bestiaire, l'économie, la politique et la religion), l'on met en évidence un certain nombre d'interactions,
tendues vers un effort de cohérence du système-monde, une volonté de "faire monde".
On retrouve dans cette saga les piliers constitutifs de ce genre littéraire qu’est la science-fiction. Sans ignorer qu’elle connaît différents courants, je m’en tiendrai au socle commun :
- une anticipation du futur de l’humanité, après qu’elle ait quitté le sol maternel, la Terre, pour se lancer à la conquête de l’espace ;
- une exploration des mythologies fondatrices d’une société, et la question lancinante d’un paradis terrien perdu ;
- une exploration de questions identitaires exacerbées par le truchement de l’altérité.
Pour les plus patients des lecteurs, si quelques extraits de l’encyclopédie ouvrent les premiers volets du cycle Fondation, la récompense finale sera de prendre connaissance des 37 entrées dûment
sélectionnées de l’œuvre galactique.
Isaac Asimov,
Le Cycle de Fondation (en cinq volumes), Folio SF.
Lundi 7 avril 2008
1
07
/04
/2008
17:07
-
Publié dans : Libris
5
Derniers Commentaires