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Par Jonathan
Papesse Jeanne Antechrist Au Moyen-Age il y eut, paraît-il,  une “papesse Jeanne” ; une femme qui cacha son sexe et s’éleva parmi les rangs de l’Église, devint un cardinal et fut élue pape. A travers l’histoire de la Papesse Jeanne, nous touchons pour certains au mythe, un symbole féministe sur le dépassement de la condition de femme dans un monde dominé par les hommes, pour d'autres à un vulgaire argument anti-catholique. Ainsi, comme pour toutes les histoires très anciennes, les circonstances ou les développements de son accession à la dignité de Pape sont normalement débattus : voire, elle n’aurait jamais existée pour certains.

Alors, si vous voulez savoir si au Palais de Latran, à chaque cérémonie d’élection d’un nouveau Pape, un sous-diacre explore ses parties intimes (dites « pontificales ») afin de constater publiquement : "Habet duos testiculos et bene pendantes !" et, tout ça, à cause de Jeanne, voici un tableau des pros et cons existant actuellement sur son histoire.
Le début de l’histoire : l’ascension
Vers 850, une jeune fille originaire de Mayence, qui serait connue sous le nom de Johannes Anglicus (Jean l'Anglais), se déguise en homme pour suivre des études d’abord en Angleterre, avant d’aller étudier la science et la philosophie à Athènes.
Elle déménage à Rome, où elle est ordonnée prêtre (toujours déguisée en homme). Puis elle se fait remarquer et accède à la condition de Cardinal. A la  mort de Léon IV, le 17 juillet 855, elle est acclamée par le peuple en même temps que son accession à la dignité de Pape.

Les pour :
  • Pendant des  siècles, l’Eglise a admis son existence (accréditée jusqu'au XVIe siècle par l'Église elle-même). Plusieurs auteurs historiques en témoignent : Jean de Mailly, Etienne de Bourbon, Jacques de Voragine (celui de la Légende dorée), Martin le Polonais, les plus grands auteurs médiévaux comme Pétrarque ou Boccace.
  • Il règne une certaine confusion quant au pape qui a succédé à Léon IV. Officiellement, Benoît III fut le 104e pape de 855 à 858, mais on ne sait pratiquement rien de ce pape à part qu’il apparaissait très peu en public et mourut subitement le 17 avril 858.
Les contre :
  • Malgré les variantes, les détails sont anachroniques : Jeanne est censée étudier d'abord dans une université anglaise, alors que la plus ancienne, celle d'Oxford, date du XIIIe siècle.
  • Athènes ne possède au IXe siècle aucune école susceptible de dispenser un enseignement de science et de philosophie.
La fin de l’histoire : la chute
Le Pape Jean VIII vit très en retrait, toujours éloigné de la vie publique. Deux ans plus tard, le jour de l’Ascension, pendant la procession (fête Dieu) durant laquelle le Pape saluait ses fidèles, Jean VIII se tord de douleur, tombe de son mulet et meurt aussitôt. La foule découvre un enfant entre les jambes du Pape. Le Pape était en fait une Papesse.

Les pour :
  • une inscription aurait été gravée sur le lieu d'accouchement de la Papesse en ces termes : "Pierre, Pères des pères, Publie la Parturition de la Papesse". En décodé : "la Papesse a accouché, l'Eglise le certifie".
Les contre :
  • La Fête-Dieu n'est instaurée qu'en 1264, sous Urbain IV.
  • On soutient la confusion avec le pape Jean VIII élu en 872. Quelques documents le surnomment « la papesse », en référence à sa faiblesse face aux sarrasins et de son homosexualité supposée.

histoire de la papesse Jeanne
Histoire de la papesse Jeanne, La Haye, 1758
La suite : La tradition
L’histoire raconte qu’à partir de l’an 1000 environ et pendant près de cinq siècles, on a procédé à une vérification du sexe de chaque nouveau pape.
Un ecclésiastique est censé examiner manuellement la chose, au travers d'un siège de porphyre percé. L'inspection terminée, il peut s'exclamer « Duos habet et bene pendentes ».

Les pour :
  • Plusieurs témoignages font état du contrôle sur pièces. Ex. Un Guide de la Rome du XVe siècle mentionne très explicitement l'existence du rite de vérification : "Près dudit Sancta Sanctorum se trouvent deux sièges de porphyre d'une seule pièce, dans lesquels le pape nouvellement créé s'asseoit ; par un orifice situé sur le fond du siège, on cherche à savoir s'il est un homme ou bien une femme."
  • Ou encore, Le clerc gallois Adam de Usk, qui a participé aux cérémonies d'avènement d'Innocent VII, en 1404, décrit la scène dans son Chronicon.
Les contre :
  • L’Eglise nie la réalité de cette vérification.
  • Ces fameuses chaises percées qui existent effectivement sont des sièges curules. Ces sièges romains étaient utilisés par les consuls et les prêteurs, et repris par l’Eglise pour son expression symbolique de « patriarches universels ». Le Pape y recevait la férule, remise par un sous-diacre. Le musée du Louvre conserve d’ailleurs un trône de porphyre antique.

Cette histoire, qui n’est pas sans renvoyer aux inversions des valeurs rituelles, typiques des carnavals, a inspiré les meilleurs auteurs dans leurs récits passionnants à lire :
  • La papesse Jeanne par Emmanuel Roïdis
  • La papesse jeanne par Durrell Lawrence


La papesse Jeanne
L'accouchement de la papesse Jeanne. Miniature pour le Décaméron de Jean Boccace, XVe siècle (Paris, Bibliothèque Nationale)


Sources :

 

Lundi 10 mars 2008 1 10 /03 /Mars /2008 23:17
- Publié dans : Res Orbis - Ecrire un commentaire
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