Par Alexandre

Dans ses
notes sur l'oreiller (
Makura no sōshi – le fameux
Pillow Book), composées à la cour impériale du Japon dans les premières années du XIème siècle, la dame de cour Sei Shōnagon fut la première à élever la
liste au rang de genre poétique. Voici quelques-unes des 78 listes figurant dans son ouvrage :
Choses qui font battre le cœur :
Des moineaux qui nourrissent leurs petits
Passer devant un endroit où l'on fait jouer de petits enfants
Se coucher seule dans une chambre délicieusement parfumée d'encens
S'apercevoir que son miroir de Chine est un peu terni
Une nuit où l’on attend quelqu’un
Tout à coup, on est surpris par le bruit de l’averse que le vent jette contre la maison
Choses qui gagnent à être peintes :
Un pin
La lande en automne
Un village dans la montagne
Un sentier dans la montagne
La grue
Le cerf
Un paysage d’hiver, quand le froid est extrême
Un paysage d’été, au plus fort de la chaleur
Choses qui perdent à être peintes :
Les œillets
Les fleurs de cerisier, de kerrie
Le visage des hommes ou des femmes dont on vante la beauté dans les romans
Choses qui ne font que passer :
Un bateau dont la voile est hissée
L’âge des gens
Le printemps, l’été, l’automne et l’hiver
Choses que l’on méprise :
Une maison dont la façade est au Nord
Une personne dont les gens connaissent la trop grande bonté
Un vieillard trop âgé
Une femme frivole
Un mur de terre écroulé
Choses que l’on ne peut comparer :
L’été et l’hiver
La nuit et le jour
La pluie qui tombe et le soleil qui brille
La jeunesse et la vieillesse
Le rire et la colère
Le noir et le blanc
L’amour et la haine
La renouée et l’arbre à liège
La pluie et le brouillard
On n’aime plus une personne, c’est toujours la même, et il vous semble cependant que c’est une autre
(source : Ben Schott)
Lundi 30 janvier 2006
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12:41
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Publié dans : Res Orbis
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Trés joli blog ...de plus l'imaginaire ...j'y suis en plein dedans
Quelle bonne idée : détourner des écrits quotidiens en poésie.
Le résultat est vraiment étonnant et donne envie d'essayer.
Et pourquoi pas la lettre officielle poétique ?
Monsieur,
Je soumets à votre bienveillance l'idée que tout à coup
Je souhaiterai m'extirper des sombres
Dans lesquels chaque jour je me retrouve plongée
Dos courbé, mains calleuses
Je vis sous votre coupe au rythme incessant
Des machines broyeuses d'hommes
Monsieur,
Cette permission rêvée, je crois que je vais la prendre
M'envoler, oublier, jusqu'à la soumission
Je me lève sans bruit vers les chemins légers
Pour croquer en automne, les pommes du chemin
Je vous prie d'agréer, Monsieur, l'expression de ma liberté retrouvée
Dom
Si vous voulez faire un petit tour sur mon blog, je propose un nouvel atelier d'écriture, venez essayer ! : http://anoster.over-blog.com/
Cette idée de détourner un écrit quotidien en poésie me paraît particulièrement intéressante.
bonne continuation
à bientôt
Je viens de tomber sur votre blog, je suis très contente de cette decouverte, cette petite page internet me plaie vraiment.
Bonne continuation .
Marienette.
Bonjour,
Je viens de te tomber sur le charme de ce blog. Je crois qu'il vas falloir que je prenne tranquillement le temps de le lire dans son intégralité..quelques heures de plaisir en perpective
Merci et à bientôt
Trishia
Ce fameux livre des "listes" a été mis en
image par Peter Greenaway, un cinéaste british
très influencé par les arts (peinture et musique)
on lui doit "meurtre dans un jardin anglais" ou "le
ventre de l'architecte" par exemple.
The PIllow Book est un film sensuel dans
lequel on note la présence
exceptionnelle d'Ewan Mc Gregor avant qu'il ne
devienne Jedi... et la bande son sur laquelle figure un
titre magnifique de Guesh Patti "A tire d'elle".
à bientôt,
- Chris