Partager l'article ! La chambre secrète de l'Opéra: Une visite privilégiée de l'Opéra Garnier m'a conduit l'année dernière jusque dans ses souterrains les plus pr ...
Une visite privilégiée de
l'Opéra Garnier m'a conduit l'année dernière jusque dans ses souterrains les plus profonds.
« […] La science veillait, la science représentée par un chimiste distingué, M. Bardy, qui, s'attaquant au problème, a su le résoudre….
« Il vous intéressera de savoir que les disques sont disposés de manière à ne pas être en contact immédiat les uns avec les autres ; le poids résultant de la superposition aurait pu, avec le temps, altérer la fine gravure qui représente ce que j'appellerai le tracé sonore, et compromettre ainsi l'exécution future. De plus entre ces plaques isolées, il fallait empêcher l'introduction de l'air. L'air est l'ami de tout ce qui respire ; il est l'ennemi de tout ce qui ne vit pas ; il est le grand destructeur par excellence, si subtil qu'il se glisse en les coins les plus étroits, si obstiné qu'on a beau le chasser par la porte il trouve toujours le moyen de revenir par la fenêtre. Il fallait donc soustraire les objets à son action délétère, et l'on a construit une petite boîte en cuivre, ce métal se laissant moins pénétrer que les autres; dans cette boîte on fait le vide, et l'on dresse contre tout retour offensif la barrière d'une soudure. Le précieux objet prend place dans une seconde boîte que l'on soumet à une opération analogue, en ayant soin que les soudures de l'une ne fassent pas vis-à-vis aux soudures de l'autre, afin d'éviter l'action directe de l'air, dans le cas où quelques atomes pousseraient l'indiscrétion jusqu'à forcer la consigne qui les éloigne. Notons aussi que les disques sont établis avec des matières résineuses, et que trop de sécheresse peut leur nuire ; alors vous devinez l'action bienfaisante que doit exercer sur eux un séjour prolongé dans les caves de l'Opéra ; la privation de lumière et d'air contribuera certes au bon état de leur santé. »
« […] - 1 - Montrer quel était l'un des aspects de la musique au XXe siècle, ce que chantaient et comment chantaient les principaux artistes de notre Opéra ;
« - 2 -Montrer quelle aura été la marche ascendante d'une des inventions les plus géniales de ce temps, en suivant, pour ainsi dire, pas à pas, les progrès pendant une centaine d'années.[…]
« […] Un parchemin spécial donnera, bien entendu, la liste détaillée de tous les morceaux contenus dans les caisses, et toutes les indications nécessaires pour mettre en mouvement la machine et ses accessoires, puisque, au cours d'un si long espace de temps, bien des détails, se seront forcément modifiés, et il importe que les ouvriers d'alors, munis des outils nouveaux, ne soient pas embarrassés pour manier ceux que l'âge aura plus ou moins démodés.[…] »
Le
directeur de l'opéra et le président de la BNF, MM.Mortier et Racine, le 19 décembre 2007 au Palais Garnier.
(AFP/Pierre Verdy)
Comme chacun sait, E. Poindron, de quelques années mon aîné, est un écrivain et éditeur puisqu'il a notamment co-créé les Éditions du Coq à l'Âne et publié une quarantaine d'ouvrages (dixit Wiki).
Tout le monde n'a pas sa biographie de son vivant sur wikipedia, il mérite donc qu'on la cite - http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89ric_Poindron
Merci donc à lui pour sa lecture et son référencement, preuve s'il en est que Castalie est un site apprécié et largement connu :-))
Je note le clin d'oeil à double sens (si on utilise les deux yeux, c'est possible...) de " l'autre fantôme de l'Opéra " de son commentaire, dont il fait aussi référence dans l’article sur le Cénacle des troglodytes :
"Erik K., surnommé l’autre fantôme de l’opéra, est détective littéraire et occulte au sein de l’agence Zalewski & associés qu’il a créé. Il enquête actuellement sur le bocal formolé qui contiendrait « le vit de Napoléon » conservé dans une collection privée américaine."
Espérons pour Eric, dès qu'il aura mis la main sur un vit célèbre, su'il saura le conserver à son aise dans du formol de bonne qualité…
Au sujet de ce fameux reliquaire, qui est effectivement formidable, l'authenticité des "morceaux" ne fait que peu de doutes. Je n'ai pas détaillé dans l'article (déjà trop long) les moyens à la disposition de DVD pour se procurer ces illustres abattis, mais ils sont connus. Le plus célèbre concernant les os du Cid et de Chimène qu'il a en personne prélevés, moment immortalisé dans une toile d'Alphonse Roehn (cf. l'article).
Et pour le voir, si je ne me trompe, le reliquaire est au musée Vivant-Denon à Chalon-sur-Saône.