
33 grandes maisons d'édition du monde entier, dont Flammarion en France, ont lancé, en octobre dernier, simultanément une nouvelle collection des plus prometteuses : "
Mythes du monde", qui propose à des romanciers de
réécrire, à leur guise,
le mythe de leur choix.
Dans l'ouvrage remarquable qui introduit la série, l'écrivain anglais Karen Armstrong retrace, étape par étape, depuis l'époque néandertalienne, l'émergence, le triomphe puis le déclin de la pensée mythique.
Saisissante perspective : l'histoire des hommes apparaît comme une dialectique entre le logos (le mode de pensée logique, pragmatique, scientifique) et le mythos, le récit.
Le mythe, explique l'auteur, ne se soucie pas de rationalité.
Il devient vrai, non pas parce qu'il est réel ou cohérent, mais
parce qu'il est efficace, c'est-à-dire s'il offre aux hommes - par le biais d'une profonde transformation intérieure - les moyens d'affronter ce qui, dans leur condition, les désespère et les effraie, à commencer par la mort.
Enfant du logos, la modernité occidentale a vu le mythe, défait, se retirer, emportant avec lui le sacré, laissant les hommes aussi misérables qu'aux premiers temps face à l'absurdité de leur destin. Extraordinairement ambitieux, mais limpide et captivant, l'exposé se conclut par une série d'indices qui pourraient annoncer une nouvelle révolution spirituelle. Si les dieux sont réduits au silence, les artistes et les écrivains pourraient réconcilier l'humanité et le mystère.
Les premiers titres de cette collection ont été lancés simultanément à l’échelle mondiale le 21 octobre 2005, en marge de la Foire du Livre de Francfort. Deux autres titres de la collection "Mythes du monde" sont déjà parus :
- L’odyssée de Pénélope de Margaret Atwood, ISBN : 2080685945
- Minotaure.com, le heaume d'horreur de Viktor Pelevine, ISBN : 208068597X
Flammarion, Collection Mythes du Monde, octobre 2005, ISBN : 2080685929
Lundi 23 janvier 2006
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11:04
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Publié dans : Libris
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Magnifique ouvrage on dirait, et belle démarche. D'autant qu'elle se veut universelle.
La grèce antique a permis en effet l'émergence de la rationalité : de la logique, de la science, de la technologie ... Aube du monde moderne. Les mythes ont eu la vie dure, et Freud, bien que formidable écrivain n'a pas eu le talent de donner envie de relire Sophocle.
Bien contente qu'on leur rende à nouveau hommage !
J'aime assez l'idée que les artistes et écrivains puissent reconcilier le mystére et l'humanité...
Trés beau site...
Styx
intiative louable, mais suffit-il de réecrire un mythe pour qu'il garde sa fonction première, c'est à dire pourvoyeur de sens pour l'individu comme pour le groupe ?
Atwood et Pénélope, c'était inévitable.
Cela dit, les écrivains sont meilleurs quand ils exploitent leurs mythes personnels sans la contrainte d'une telle unisson. Breyten Breytenbach évoque, à propos de Meheret, la narratrice-narrataire de Memory of Snow and of Dust, une certaine "Pen Lope".