Partager l'article ! Létrange Jacopo Ligozzi: Un petit tour au Louvre, embelli par la neige de février, nous permet de tomber sur une exposition de dessins de Jacopo L ...
Un petit tour au Louvre, embelli par la neige de février, nous permet de tomber sur une exposition de dessins de Jacopo Ligozzi. Personnellement, je suis passée rapidement sur les scènes bibliques, dessins religieux et autres Christ flagellés. Les dessins sont certes bien maîtrisés parfois rehaussés d'or aux détails étonnamment méticuleux mais toujours froidement pieux.
En revanche, j'ai trouvé le contraste saisissant avec une première série de cartouches curieusement modernes, exhubérants, aux têtes de morts chevelues au sourire béant, aux végétaux enchevêtrés, aux bestiaires étonnants, étranges et macabres, parfois simplement soulignés de la phrase « sic transit gloria mundi ». Ainsi passe la gloire du monde.. Puis l'imaginaire se déchaîne avec la série sur la mort, squelette putride surprenant les humains dans des postures vaines (femme à la toilette), arrachant un enfant à sa mère ou transperçant de son épée un soldat sur le champ de bataille Memento mori (souviens toi que tu vas mourir). Vanitas vanitatis (l'Ecclésiaste) tout est vanité - à méditer sur l'inutilité du monde face à la mort qui guette. Cela évoque l'uvre de Niklaus Manuel Deutsch, la jeune fille et la mort où le cadavre putride enlace la tendre jeune fille, l'empoigne par le cou, l'embrasse et la caresse sans rencontrer la moindre résistance, par essence inutile
Enfin on terminera par une note plus légère, « le Vice attaquant l'Etude ». Le Vice masqué attaque un jeune homme sagement plongé dans l'étude et qui se protège avec un bouclier. Les jeux sur le sol symbolisent les vanités terrestres, par opposition aux valeurs du travail intellectuel. Si l'inéluctable fin est la mort, le travail studieux serait-il la seule valeur sûre?
En réalité, on connaît en peinture des scènes macabres dès le 15e siècle à ma connaissance : il y avait même une fresque de danse macabre au cimetière des innocents à Paris maintenant détruite.Les natures mortes contenant des crânes sappellent en effet « vanités », le crâne symbolise le temps et laspect vain de tout effort humain. Il y en a eu dès le 16eme siècle (on peut en voir qques unes entre autres de bruegel ici : http://www.artcult.com/vanite.htm ).
Les cartouches de Ligozzi font partie de la famille des vanités, je pense (dont une photo est dans larticle). Je ne dirais pas que le crâne est hors contexte puisque lobjet sert de support à une morale souvent religieuse (chrétienne). Ca me semble assez codifié. Ces objets symbolisent la fragilité et la brièveté de la vie, tout est soumis à la dégradation et la destruction, à la mort. Le tout servant à illustrer ce passage de la Bible L'Ecclesiaste.
Indéniablement il y a aussi une fonction purement décorative puisquil sagit de cartouches et non de tableaux.Par contre il y a aussi une série de dessins mettant en scène la mort squelette surprenant les humains dans des scènes quasi quotidiennes. Il ne sagit plus de nature morte (vanités) mais de scènes organisées tels des tableaux.
http://www.artelio.org/art.php3?id_article=1273
"une approche contextuelle de Jacoppo Ligozzi"
http://www.artelio.org/art.php3?id_article=1282