
A l’heure où l’on s’intéresse aux problèmes d’environnement à travers cette conférence «
d’après Kyoto » à Montréal, on parle beaucoup des nouvelles énergies ou énergies alternatives…
Mais qu’est ce que l’énergie? Scientifiquement, il existe plusieurs formes d’énergies. L’énergie est utilisée sous forme de travail ou de chaleur. Mais elle peut être stockée sous différentes formes : par exemple sous forme d’énergie chimique dans une pile, elle sera ensuite convertie en énergie électrique afin de produire le mouvement d’un moteur, une partie de l’énergie étant perdue sous forme de chaleur…
Le travail dans le langage courant est ce qui nous pousse à nous lever tous les matins et nous jeter dehors par ce froid inhumain afin de gagner durement notre pain quotidien. Le mot « travail » viendrait d’ailleurs du latin «
tripalium », instrument de torture romain … à méditer lorsque nous grommelons notre joie en poussant la porte de notre bureau au petit matin.
Mais les scientifiques lui ont donné une signification particulière : le travail est lié à la notion de mouvement, et à l’action d’une force pour effectuer ce mouvement. Ce qui découle d’une application intéressante : la machine à vapeur… La première machine à vapeur fut inventée 100 ans avant notre ère par Heron d’Alexandrie. Il la nomma
eolipile. Il chauffait de l’eau dans une sphère qui pouvait tourner autour d’un axe, la vapeur d’eau sortait par des tubes creux reliés à la sphère qui alors se mettait à tourner. La chaleur avait engendré le mouvement. Malheureusement, il n’avait pas trouvé d’application pratique ! Ce genre de machine fut réinventé vers 1690 par un français,
Denis Papin… Le principe est simple : on faisait chauffer de l’eau dans un récipient fermé d’un piston, la pression de la vapeur d’eau finissait par soulever le piston. Ce piston était relié à des roues dentées qui relayaient le mouvement. Peu de temps après fut créée sa première application pratique : le bateau à vapeur, prélude à la révolution industrielle. Au fond, le principe est le même que celui de la cocotte minute dont Denis Papin inventa l’ancêtre : le cuiseur à pression.
Depuis, les moteurs ont marché grâce à l’énergie issue de la biomasse : le charbon puis le pétrole issus de la croissance des végétaux. Mais cela se révèle cher, polluant et le stock mondial est limité..

On a commencé à développer des énergies dites nouvelles ou
renouvelables et qui sont en réalité très anciennes et utilisées depuis l’antiquité : l’énergie
hydraulique et
éolienne. Mais elles sont difficiles à mettre en place et ne couvrent qu’environ
15% de nos besoins nationaux.
On s’intéresse également à exploiter une énergie encore plus ancienne et largement prodiguée : l’énergie solaire. Cette énergie est la source de toutes les énergies : c’est elle qui permet la photosynthèse qui permet la production du bois, c’est sa chaleur qui provoque le cycle de l’eau et du vent. Elle a d’ailleurs été exploitée très tôt :
avant notre ère, elle servait à allumer la flamme olympique ou à incendier la flotte ennemie à l’aide d’un jeu de miroirs. Mais il faudrait couvrir la moitié des toits de France de
cellules photovoltaïques, qui convertissent l’énergie solaire en énergie électrique, pour couvrir nos besoins nationaux en électricité. De plus, nous avons plus besoin d’électricité la nuit et l’hiver, c’est à dire lorsque le soleil est absent, or l’électricité est difficilement
stockable.
Enfin, on cherche des énergies vraiment nouvelles telles que l’énergie atomique ou les piles à hydrogène. Mais la dernière innovation dont on parle beaucoup serait le
biocarburant composé d’alcool ou d’huile végétale. Enfin innovation … pas tout à fait puisque le
premier moteur fonctionnant à l’huile d’arachide daterait de 1890. Néanmoins, ce type de carburant serait moins polluant puisque le dioxyde de carbone CO2 produit par le moteur serait compensé par celui absorbé par la plante d’origine lors de la photosynthèse.
En bref, en attendant le générateur de fusion écolo et portable marchant avec le contenu de votre poubelle et permettant de faire voler votre voiture, de préférence une De Lorean, comme dans «
retour vers le futur », la bonne nouvelle est que l’huile de notre salade pourrait très bien nous aider à propulser notre véhicule , sans modification du moteur. Malheureusement il paraît peu réaliste que les toits de Notre Dame soient couverts de cellules photovoltaïques ou que Paris soit hérissée de moulins à vents pour générer l’électricité nécessaire pour allumer la guirlande électrique de notre sapin … Et si cette année nous fêtions Noel à la bougie ?
Mercredi 14 décembre 2005
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08:55
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Publié dans : Sapientia
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