
Deux jeunes hommes qui suivent une école d'études cinématographiques à Prague décident un jour de monter le canular du siècle. "Un rêve tchèque", documentaire, en est le récit.
Tout commence par l'annonce, via les médias écrits et télévisuels, de l'ouverture d'un supermarché afin de faire venir le jour de l'ouverture le plus de clients possibles… ou, plus exactement le plus de "gogos" car dans la réalité, le supermarché au nom évocateur, "Rêve tchèque" (
Cesky sen), n'existe pas : il n'y aura qu'une façade…
La préparation de cette "opération" veut montrer la duplicité du monde de la publicité : les interviews de clients, dans un vrai supermarché, montrent comment certains vivent cette «visite» dans les magasins comme une véritable fête par rapport à une période pas si lointaine où le manque était savamment organisé ou révèlent, alors qu'ils doivent proposer un nom possible pour ce futur magasin, un besoin d'épanouissement personnel…
A un moment, un publicitaire compare même son travail au peintre Michel-Ange décorant la chapelle Sixtine. Il déclare qu'infléchir le choix des consommateurs est des plus jouissifs. Autrement dit, il se voit comme un démiurge qui remodèle le monde à sa façon.
Cette frénésie de consommation cache, pour moi, un grand désarroi. Je me suis senti particulièrement mal à l'aise, "au jour J", de l'ouverture. Notamment avec les "clients" les plus démunis, qui attirés par des encarts publicitaires des plus précis - désignant articles à vendre avec leurs prix - sont venus, pensant réaliser un rêve.
En dénonçant les méthodes de la publicité, les réalisateurs endossent certes un fort beau rôle mais la méthode employée me laisse plus qu'un goût âpre au fond de la gorge. Dénoncer la propagande publicitaire. Certes. Mais cette fin justifiait-elle les moyens utilisés ?
- Un rêve tchèque, un film documentaire de Vit Klusak et Filip Remunda (2005)
Lundi 5 décembre 2005
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/2005
11:58
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Publié dans : Pelliculae
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Ce film semble en effet pas banal et intéressant. Et peut être doit-il nous faire aussi réfléchir à notre propre frénésie de consommation en cette veille de fêtes de fin d'année?
Merci Jean Yves de l'info!
par contre, à Paris, on aura de la chance de le trouver dans plusieurs salles (voir allocine.fr) malgré l'arrivée en force de qques gros films pour Noël justement, ;)
Dans ce cas précis, il s'agit certes d'un vaste canular. Il me semble que le but de ce documentaire n'est peut-etre pas tellement de dénoncer la crédulité supposée des gens qui ont cru à cette campagne publicitaire fictive (car tout le monde aurait pu y croire de bonne foi, la pub étant faite par des médias professionnels). Mais il offre plutot un pretexte pour dénoncer les méthodes de manipulation employées par les publicitaires... ces méthodes étant efficaces car elles ont réussi à vendre du 'vent'. Certains manquant carrément de modestie et se prenant pour michel ange, rien que ca...
En réalité, si personne ne nous force, nous sommes tous fortement incités, ceci quelque soit l'objet de nos désirs, du décapant ménager au portable dernier cri.
Mais peut-être ne regardes-tu jamais la télé, qui reste le média le plus efficace de toutes les campagnes de marketing. Ou peut-être tiens-tu à rester inenfluençable, car je t'assure que la plupart des gens le sont.
L'incitation à mon sens est une forme de manipulation.