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Une expédition polaire à la recherche de «l’Agglomération» pour retrouver les traces d’un monde passé est une perspective cocasse pour présenter le Musée du Louvre. Mais si le héros principal est un chien génétiquement modifié (avec un soupçon de gène de cochon) qui parle et qui se prénomme Hulk, alors on se prépare à une approche singulière.
 
Notre monde pris dans les glaces, c’est grâce au flair historiologique de Hulk et à une faille souterraine que le Musée du Louvre sortira des profondeurs, mettant les scientifiques rêvant de notoriété face aux siècles passés. Chaque interprétation est faite par rapport à son propre cadre de référence et c’est ce que Nicolas de Crécy nous donne à voir par les yeux de ces scientifiques du futur : une vision fragmentaire, faussée, une ré-interprétation de l’Art hors contexte, comme si tous les chefs d’œuvres du monde perdaient leur sens et n’étaient que des images, des illustrations sans histoire… Sauver l’Art devient alors un sauvetage de l’Histoire du monde.
 
Dans cet album publié chez Futuropolis et co-édité avec le Louvre, le trait de Nicolas de Crécy est toujours aussi poétique et le ton burlesque met en lumière les splendides reproductions de Delacroix, Chardin ou Corot. Chaque oeuvre est mentionnée à la fin de l’ouvrage, si vous ne les reconnaissez pas toutes… (N.B. pour vous y retrouver, il existe un décalage de 2 pages par rapport à la pagination).

Dessinateur talentueux et prodigue, c’est le troisième album de Nicolas de Crécy pour 2005 (New York sur Loire, Transports amoureux et Période glaciaire). Mais tout cela ne date pas d’hier… dès 1991, Nicolas de Crécy se fait remarquer pour l’album carnavalesque Foligatto, et son univers dense et riche en couleurs. S’ensuivent des parutions soignées et de nombreux prix : de l’univers de la Trilogie de Léon la came, ou du Bibendum céleste à des carnets de croquis comme Lisbonne, voyage imaginaire ou New York sur Loire.
«Les personnages qui sont entre le chien, le cochon et le phoque sont des formes qui me plaisent. Elles sont une expression du grotesque et du ridicule qui m’ont toujours attiré», extrait de l’interview de Nicolas de Crécy à propos du premier tome d’une nouvelle série chez Dupuis où Salvatore, chien mécanicien, est le personnage principal.
 
Et aussi un entretien avec Arte pour comprendre son énervement vis-à-vis du film d’animation Les Triplettes de Belleville.


Si on en croit le site parutions, les planches de Période Glaciaire sont exposée au Louvre jusqu’au 29 novembre, en mezzanine de l’accueil des groupes.


Lundi 21 novembre 2005 1 21 /11 /Nov /2005 13:29
- Publié dans : Libris - Ecrire un commentaire
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Commentaires

Ah le bibendum céleste, c'était bien!
Ce type a de belles idées et, en plus, il sait bien les exploiter.
Commentaire n°1 posté par Sergent Popup le 22/11/2005 à 10h04
la présentation que vous faites de cette BD est très intriguante et la bouille de Hulk est à craquer... merci
Commentaire n°2 posté par lobita le 22/11/2005 à 11h54
Sergent Popup > et une réelle originalité dans le traitement graphique.
Lobita > si cela peut donner envie de le lire...
Commentaire n°3 posté par My le 22/11/2005 à 17h43
Un beau récit de SF. Après Nicolas de Crécy, ce sont Marc-Antoine Mathieu, Emmanuel Guibert et Bernard Yslaire qui s’approprieront le Louvre.

Un autre regard, par Fabrice Douar, éditeur au musée du Louvre



Le projet de réaliser une collection de bandes dessinée ayant rapport au musée du Louvre vise à la création d’une passerelle entre le monde de la bande dessinée et celui des musées, mondes jusqu’à présent plutôt étanches l’un à l’autre, voire hostiles. Chaque auteur de bande dessinée choisit une œuvre, une collection ou une salle du musée et invente son histoire. L’intérêt est de donner carte blanche à la création et l’imaginaire, afin d’instaurer un dialogue vivant et contemporain entre le musée et l’artiste.



Le point de vue de Nicolas de Crécy sur le projet



Lorsque Fabrice Douar, éditeur au musée du Louvre, m’a contacté pour me proposer de réaliser une bande dessinée qui intégrerait le Louvre, j’ai tout d’abord été étonné qu’une telle institution s’intéresse à la bande dessinée. Pour moi, qui ai toujours voulu faire de la bande dessinée en étant le plus libre possible, c’était un véritable pari que d’accepter une contrainte aussi forte. De plus, mes goûts me portent plutôt vers des artistes du XIXe et du XXe siècle, or les collections du musée s’arrêtent en 1848. Mais comment résister à l’opportunité de rôder dans un musée tel que le Louvre quand il est vide !

Le point de départ de Période glaciaire est venu d’un sentiment que j’ai eu en retournant au Louvre : face à l’incroyable richesse des collections exposées, malgré ma formation et mes lectures, je me suis senti complètement inculte. J’ai donc eu l’idée de créer des personnages encore plus incultes que moi, découvrant, des milliers d’années plus tard, le Louvre. Ils ignorent tout de l’histoire de l’humanité exposée, il n’ont même pas idée de ce qu’est un musée. Ces personnages se promènent donc dans le Louvre en croyant découvrir une seule et même civilisation à un temps donné. Sans aucuns repères, ils vont donc proposer des explications complètement décalées, farfelues, insensées…
Commentaire n°4 posté par Alain le 27/11/2005 à 21h06
Passionnant! Merci.
Je reviendrai...
Commentaire n°5 posté par François le 28/11/2005 à 06h55

{épigraphe}





 

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