Partager l'article ! Scriptorium I : Le Texte: Un livre c'est avant tout de l'emballage. On emballe une pensée, certes, mais même si l'on ne cherche à réaliser un livr ...
Un livre c'est avant tout de l'emballage. On emballe une pensée, certes, mais même si l'on ne cherche à réaliser un livre pour l'objet en soi, le texte n'en reste pas moins nécessaire.
Que le livre découle du texte, parce que ce dernier le vaut bien et qu'il mérite un bel habit, ou que le texte découle du livre, parce que l'on veut faire un bel objet mais qu'il faut bien un texte, le choix est purement personnel. Mais il peut engendrer des contraintes.
Des contraintes de style d'abord. Si l'on choisit un texte du XIVème, l'on n'aura pas la même liberté dans les choix de mise en page et de reliure que si l'on s'attelle à un recueil de poésie moderne. Quoique cela pourrait constituer un regard intéressant. Donc à moins d'être un expert en typographie classique, ce type de choix pourrait impliquer d'importantes recherches, et dans un domaine qui n'est pas répandu au point que ce soit aussi simple que d'acheter un bouquin sur le sujet à la FNAC.
Des contraintes matérielles pour obtenir le texte dans un format informatique (idéalement traitement de texte). Dans l'idéal, on dispose d'une version complète dans un quelconque format numérique (sauf pages scannées), sinon l'on peut être confronté à plusieurs cas d'espèce.
D'abord, ce qui était mon cas, n'avoir le texte que sur un support papier. Là, peu de choix : il faut soit recopier soi-même soit patiemment scanner les pages une par une et pour les passer dans une moulinette de reconnaissance de caractères. Travail très laborieux, surtout parce que les logiciels d'OCR ne sont jamais entièrement fiables (les meilleurs se vantent d'avoir des taux de reconnaissance qui tournent autour de 95%), et qu'il y aura donc des erreurs, et pas forcément signalées par le logiciel. Donc : page par page, relire tout le texte a l'affût de la coquille, de la lettre mal interprétée, de la ponctuation oubliée. Une remarque sur ces logiciels, les meilleurs sont des logiciels commerciaux assez chers (Omnipage, etc.), et je ne suis pas convaincu que cela vaille la peine d'investir. Une relecture complète est de toute façon nécessaire au fil des pages, qu'il y ait 3 ou 5 erreurs, cela n'est pas très important, ce qui est long c'est la recherche et la vérification, pas la correction. Personnellement j'ai tout simplement utilisé celui fourni avec Office 2003.
Si c'est un texte déjà publié, cela peut être soit très simple, soit bien plus compliqué. Tout dépend de la possibilité de trouver une version électronique du livre, l'acheter au format ebook par exemple. Pour certains auteurs c'est encore plus simple, l'on peut trouver des uvres intégrales de Shakespeare (pour ne citer que lui) un peu partout sur le net. Si par contre, l'on ne dispose que d'une édition poche d'un auteur, et qu'il n'existe pas d'autre support, deux choix sont possibles :
J'ai peut être l'air exagérément pointilleux sur le rendu du texte, mais si l'on fait des concessions en matière de coquilles ou que l'on se donne une marge d'erreur, ce Scriptorium perd son objet. Il passe nécessairement par un respect au texte d'une part et une recherche de l'objet parfait (totalement illusoire, mais ce qui compte ce n'est pas de faire l'objet parfait, mais de le rechercher, que cela soit inscrit dans la démarche).
L'objectif est donc simple : obtenir l'intégralité du texte dans Word, dans un document unique pour plus de facilité. La mise en page, à ce stade importe peu.
Pour terminer une note sur la longueur du texte. Pour faire un livre, il faut prévoir un texte qui aura une certaine longueur. Un livre a une largeur, un format, mais aussi une épaisseur.
Il sera toujours possible de composer par la suite, que ce soit dans le choix des reliures (les reliures à la japonaise, par exemple se prêtent bien à des livres peu épais et de plus grand format) ou dans les choix de mise en page (plus contraignant, l'on ne peu pas compter entièrement sur l'aération du texte pour l'agrandir, cela serait trop préjudiciable au gris typographique).
Derniers Commentaires