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Par Alexandre

Je reconnais qu'en ce moment je vis à l'heure de la musique baroque. Plus je mûris dans mes goûts et penchants musicaux plus je me tourne vers le baroque, plus je l'apprécie, et plus les classiques et romantiques me fatiguent. Oh certes, je ne peux pas complètement renier certaines pièces de Mozart, de Schubert, Liszt et consorts, mais ce que j'apprécie chez eux, je le fais de plus en plus pour de pures raisons esthétiques, plus pour l'émotion. Quant aux autres, les mots qui me viennent le plus souvent à l'esprit sont platitude, pompiérisme et mièvrerie. Exception faite de quelques modernes, Ravel, pour ne citer que lui.

Ceci étant posé, plus je me penche sur la musique baroque, c'est-à-dire la période qui couvre plus ou moins le début du XVIIème jusqu'à la mi-XVIIIème, plus je prends conscience de la dualité de cette période musicale.

Il y a des constantes bien sûr. Qu'il s'agisse de Bach, Vivaldi, Scarlatti, Handel, Telemann, Marin Maris ou Sainte Colombe, il y a des contraintes de style fortes, de forme qui finalement enrichissent la musique de cette période, tout comme l'us et l'abus du contrepoint.

Il y a d'abord le baroque flamboyant, celui qui est léger, souvent enjoué, toujours dynamique, parfois populaire. C'est le baroque de Vivaldi, de Lully, c'est surtout le baroque du clavecin, il est brillant, il laisse admiratif. Il est virtuose, sans être froid. Pour vous en convaincre comparez un Caprice de Paganini au Tempo Impetuoso d'Estate de Vivaldi. C'est brillantissime et lumineux, mais il y a de la passion, de l'abandon. Même lorsqu'il y a de la pompe, ce n'est jamais un rouleau compresseur, c'est appliqué, précis, chirurgical.

Il y a ensuite le baroque grave, touchant, celui qui fait naître les larmes, qui élève l'esprit. Les Passions de Bach, les Folies d'Espagne de Marais, ou les Magnificat de Pachelbel. Très souvent de la musique sacrée, créée ad majorem dei gloriam on en peut nier qu'elle noue les tripes, qu'elle exalte : j'avoue que je n'ai jamais été aussi proche de croire en Dieu qu'en écoutant les plus belles pièces du Kappelmeister de Leipzig. Mais ce n'est pas toujours le cas, il y a autant d'émotion dans de nombreuses œuvres profanes, à commencer par les Suites Pour Violoncelle (à ne pas rater : les versions sublimes par Rostropovitch ou Pablo Casals) ou certaines pièces de Sainte Colombe. Cet aspect du baroque est d'autant plus étonnant que les compositeurs de l'époque travaillaient le plus souvent à la commande, avec pour principal souci de satisfaire leur commanditaire. Pour exemple, il a été souvent reproché à Vivaldi d'avoir « revendu » plusieurs fois les mêmes compositions à des clients différents mais peu susceptibles de se croiser…

Bien évidemment, cette distinction, bien que je la trouve souvent flagrante, n'est pas toujours absolue, et c'est souvent ce qui fait le talent de tel compositeur ou un chef d'œuvre de telle pièce, d'arriver à la frontière de ces deux genres, de basculer de l'un à l'autre ou de repousser les limites de l'un ou de l'autre.

A saluer, l'immense et incroyable travail de ceux qui permettent le renouveau de la musique baroque. Les Christie, Harnoncourt, le travail fantastique de Jordi Savall et Hesperion XXI (notamment à la Capella Real de Cataluña) ou de Fabio Biondi et Europa Galante, on permis une véritable renaissance du baroque, grâce à un vrai travail de recherche sur l'oeuvre et l'esprit.

 

ADDENDA : bon, je viens de me relire, et je ne peux pas faire ca a Wolfgang, je suis injuste. Il a quand même commis son Requiem, et si je n'ai pas d'érection incontrôlable sur le Lacrimosa (comme un certain Pierre), ça lui assure quand même sa place au paradis.

 

 

Pour écouter certains morceaux cités dans l'article : Auditorium

Dimanche 7 novembre 2004 7 07 /11 /Nov /2004 00:00
- Publié dans : Ars Musica - Ecrire un commentaire
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Commentaires

mais si vous pouvez faire (un peu) ça à Wolfgang A.M. tout simplement parce qu'il a été usé et répété tant de fois qu'on ne sait plus … c'est un epu comme NotreDame et la Tour Eiffel … toutes choses étant égales par ailleurs : on ne sait plus si c'est beau. J'exagère bien sur, et il n'y a pas que le Requiem qui soit beau. Le génie de Mozart c'est justement de s'être défait des règles du baroque. Il n'empèche, J.S. Bach reste le plus grand musisicien de tous les temps … parce que sa musique, non seulement dure (c'est le cas des autres) mais parce qu'elle possède une vivacité une énergie qui la rend écouttable et pas si mauvaise même quand on l'a trasformée en musique de prisunic : souvenez- vous du cha bada cha bada piqué à Bach dans les années 60. Quand on met du Mozart dans un Prisunic : ça fait de la musique de Prisunic : il est vrai que Miche (ou un autre prénom ???) Rieux y est pour beaucoup. W.Amadeus M. reste une grand plaisir. Mais, oui, on n'y trouve pas la profondeur de Bach et de la musique baroque. Une chose m'étonne dans votre article : vous ne faites pas mention de Rosalyn Turek. Pourtant quelle musicienne admirable qui aura tant fait pour une "revisitation" de Bach dans sa plus grande pureté. A écouter d'urgence. VP
Commentaire n°1 posté par Vincent Prieur le 26/12/2004 à 20h23
Bach est le plus universel de tous les compositeurs, de tous temps... il est le père de la musique telle qu'on la conçut et concevra pour des siècles... bien sûr, on peut ne pas être d'accord et parler des italiens qui l'ont précédé, avec les premiers "opéras", etc. Mais Bach a créé le "tempérament" (trop long à expliquer ici, mais prendre pour exemple "Le Clavier bien tempéré"); le langage de Bach est universel, pour me répéter. Et, je ne suis pas toujours d'accord avec les orchestres (ou ensembles ou solistes même) qui tentent d'interprêter le répertoire baroque (mais pas seulement baroque d'ailleurs), avec des instruments soit disant "anciens" (reconstitutions très souvent, basées sur des incertitudes), mais également une interprétation à l'image de notre temps (comment être sûr de comment on jouait au 17ème ou 18ème siècle...il faut également connaître le fonctionnement de la société à l'époque, etc.) ; trop de facteurs (j'oublie d'en citer beaucoup) qui accentuent les incertitudes...toutefois, la musique écrite est bien là...alors, il faut essayer d'imaginer la meilleure interprétation qui serve cette musique...
Commentaire n°2 posté par maxime aulio le 20/03/2005 à 00h41

petite leçon de musique au logis


Monodie.............comme mélodie et monothéisme, une voix à l’unisson selon les prescriptions de saint Grégoire ; verticale et affûtée dressé comme une voix (ou voie)unique, sans équivoque de la terre à dieu ….qui lui aussi est solitaire depuis la mort de jupiter , zeus vulcain et léda
Affûtée comme la flèche d’une cathédrale qui encule le ciel pour trouver dieu………ça, c’était le moyen age ………… mais la renaissance a mis l’intelligence au pouvoir, ce qui n’empêche pas de marcher droit , et permet de faire des adeptes , là, on polyphone en masse , jusqu’à dix sept voix qui bien entendu marchent dans le même sens (sinon gare à torquémada)
La grande révolution, c’est le baroque avec ses fugues et son contrepoint ; là c’est l’amour parfait, deux trois quatre {et même plus) lignes mélodiques se superposent, vivent leurs vies de manière indépendante et à chaque instant il est possible de faire une coupe verticale et de constater que l’harmonie est présente …….c’est réconfortant , mais presque trop beau pour être vrai
Ça donne tout de même l’énorme avantage à la musique « d’être » plutôt que de se crever le cul pour essayer de « dire » comme on le verra dans la leçon suivante dédiée au romantisme..............

Commentaire n°3 posté par clemençon jean-pierre le 20/10/2006 à 11h59

{épigraphe}





 

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